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Une sélection de livres sur la cuisine et la littérature

  • Date : le 19 Déc 2008
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La citrouille est une lune naufragée, sur l’imaginaire des légumes
par Marie-Christine Clément qui vient de se voir décerner le Grand Prix de la Littérature Gourmande.

Marie-Christine Clément, écrivain et membre du comité scientifique de l’Ocha, est de celles qui savent ré-enchanter notre alimentation. Dans ce livre qui est un petit bijou, elle est partie à la recherche de l’esprit des légumes. Pour elle, ce sont de véritables acteurs : une force vitale s’exprime en eux, évidente, indomptable, rebelle, offerte. Compagnons de l’homme depuis la nuit des temps, ils ont façonné son esprit autant que sa main.
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De Marie-Christine Clément, sur notre site, vous pouvez lire également :

 

 

 

 

Les Carnets de Minna
Par Elsie Herberstein & Anne Georget, Editions du Seuil, 2008, 156 pages

Un livre de cuisine pas comme les autres et très émouvant. Un quart de siècle après la mort de sa mère dans le camp de concentration de Terezin, en Tchécoslovaquie, Anny Stern reçoit un paquet transmis par un inconnu. Lorsqu’elle se décide finalement à l’ouvrir, elle découvre des lettres, des photos et surtout un carnet de recettes fait de pages friables cousues ensemble et couvertes de frêles écritures.
Après l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne en 1939. Minna Pächter est déportée, comme tous les juifs du pays, dans le camp de Terezin. Elle a 67 ans et n’a pas voulu suivre ses enfants et son petit-fils partis à temps pour la Palestine. Avec ses compagnes d’infortune, Minna tente de résister à l’anéantissement programmé par les nazis en se réfugiant dans l’évocation de leurs vies passées. Malgré la faim et l’épuisement, elles se remémorent les recettes qui faisaient vibrer leurs foyers. Minna les griffonne sur des bouts de papier, avec l’espoir de les transmettre un jour à sa fille Anny. Avant de mourir, le jour de Yom Kippour 1944 à l’hôpital du camp, Minna confie le précieux carnet à un ami détenu, le chargeant de retrouver sa fille en Palestine et de le lui remettre.
Anne Georget a rencontré le petit-fils de Minna, David Stern, aux États-Unis. Elle a réalisé en 2008 un film documentaire retraçant l’histoire de sa grand-mère et de son Kochbuch. À travers les voix d’Anny et de David Stern, ainsi que d’autres témoins ou survivants de Terezin, ce livre retrace l’imprévisible et poignant périple des carnets de Minna Pächter.
Voir la 4e de couverture et le sommaire de l’ouvrage « Les Carnets de Minna »

Le livre de cuisine par Alice Toklas
Les éditions de minuit, 274 pages
Le livre de cuisine d’Alice Toklas n’est pas un livre de recettes. C’est, au sens propre, un livre de cuisine. Et la cuisine est une grille de lecture du monde, depuis la disposition du potager jusqu’au plat achevé en passant par
l’ordonnance de la table et l’assortiment des convives. Un livre de cuisine, c’est un livre de culture, et c’est presque un livre de philosophie dans un pays comme la France où manger n’est pas seulement se nourrir. La cuisine
est même, pour Alice Toklas et Gertrude Stein, la clé de la France. « La France, c’est les ciels et la cuisine », écrit Gertrude Stein, s’émerveillant d’un style plus que d’un goût.
Si le livre de cuisine révèle la France dans le regard des deux Américaines, il révèle aussi chez ces deux Américaines un art de vivre derrière le grand art d’écrire de l’une d’entre elles.
Alice Toklas pourrait n’avoir été que l’amie dévouée de Gertrude Stein. Elle pourrait n’être que l’auteur de quelques souvenirs et d’un livre de recettes. Mais elle est bien plus : elle est celle qui a tout de suite et constamment
aimé Gertrude Stein, non seulement dans sa personne fascinante et difficile, mais dans son oeuvre, et qui, avant tous et en dépit de tous, et d’abord de Léo Stein, en a compris et nourri l’importance jusqu’à ce que celle-ci soit ratifiée par le public. Quand Alice Toklas écrit, après la mort de Gertrude, elle ne tente pas de se faire l’interprète privilégiée d’une oeuvre, ni de l’imiter.
Ce qu’elle nous livre, c’est, dans ce qui lui est propre, ce qui leur fut commun : une certaine humeur, un certain humour, qui les soutint ensemble jusqu’au bout et soutint l’oeuvre jour après jour. C’est de cet état du quotidien qu’Alice Toklas atteste, faisant mieux que des confidences : le simple aveu d’une vie.
Lire la 4e de couverture de l’ouvrage « Le livre de cuisine »

L’Élixir d’amour, et autres recettes pour soulager les maux des hommes et des bêtes par M.F.K Fisher
Editions du Rocher, collection Anatolia, 175 p
L’Élixir d’amour, un livre pour tous les maux « On me demande parfois quel est, à mon avis, le meilleur livre que j’ai écrit. Telles que sont les choses
à l’heure actuelle, je pense que ma traduction de La Physiologie du goût de Brillat-Savarin (que je n’ai pas véritablement écrit, bien entendu) et L’Élixir d’amour sont peut-être au-dessus du lot. »
M. F. K. Fisher a réuni ici un savoureux assortiment de remèdes, élixirs et autres liqueurs réconfortantes et coboratives, qu’elle nous présente entre deux anecdotes autobiographiques ayant trait aux années qu’elle a
passées en Californie, en Provence, au Mexique et en Suisse. Ces recettes alléchantes, « parfait mélange de superstition, d’instinct et de savoir primitif», visent à traiter les maux les plus communs. Les ingrédients de
ces panacées extraordinaires sont transformés en remèdes curatifs et préventifs par l’addition « d’incantations, de mystère et de foi intemporelle, lesquels sont l’essence même de l’art de guérir ».
« Pour ceux qui recherchent ouvertement des aphrodisiaques à table, une recette telle que la suivante est tout à fait typique, puisqu’elle combine la truffe mystérieuse, l’écrevisse censément si puissante et le symbolisme
de l’anguille : « Recette pour la cuisine d’amour : Coupez en petits tronçons une anguille écorchée, truffez ceux-ci généreusement de truffes fraîches et
faites cuire à four chaud pendant dix minutes, dans une papillote beurrée. Servez sur un lit de queues d’écrevisse cuites à l’étouffée dans du vin blanc et généreusement assaisonnées de poivre de Cayenne. » Reconnue dès ses débuts par W. H. Auden comme « la plus grande styliste de langue anglaise», M. F. K. Fisher (1908-1992) est l’auteur d’une oeuvre immense en cours de publication dans la collection Anatolia. Elle a déjà conquis ses lecteurs français avec Biographie sentimentale de.l’huître, Le Fantôme de Brillat-Savarin, Une mariée à Dijon et Un loup au dîner.
Lire la 4e de couverture de l’ouvrage « L’Elixir d’amour »