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Table ronde colloque Ocha "Tais-toi et mange !"

Table-ronde : Experts, risques et confiance

  • Date : le 06 mar 2017

Lors du dernier colloque Ocha, la 1ère table-ronde portait sur un sujet central dans l’évolution des inquiétudes : la place de l’expertise scientifique.

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Lors du colloque Ocha du 22 novembre dernier, la première table-ronde portait sur un sujet central dans l’évolution des inquiétudes en interrogeant la place de l’expertise scientifique :   «  Experts, risques et confiance. Comment se traduit l’expertise et comment restaurer la confiance en l’expertise aujourd’hui. » ;  Ambroise Martin, nutritionniste, Sandrine Barrey sociologue à l’université de Toulouse, Muriel Figuié, sociologue au CIRAD et Philippe Reiser, Directeur des affaires scientifiques au CEDUS ont essayé d’analyser pourquoi un cheminement plus ou moins long des consommateurs avait mis à mal la confiance en un ensemble de données jusque-là incontestables.

La confiance en l’expertise, la science y sont souvent contestés au profit d’une plus grande adhésion aux conseils profanes de la famille, des amis, des réseaux sociaux, des expériences personnelles. La place prise par les médias et notamment par les médias d’internet et le rôle des réseaux sociaux a également bouleversé un ordre établi de diffusion du savoir. En quelques années nous sommes passés d’une distribution pyramidale des « sachants » (scientifiques, médecins, experts) vers les consommateurs à l’accès démocratisé aux forums, réseaux sociaux et autres blogs qui favorisent le partage d’expérience.

Quand l’expérience personnelle non reproductible est élevée en preuve, quelle place pour l’empirisme objectif à la base des sciences modernes ?

Jean-Pierre Poulain le soulignait sur un autre plan en 2013 : « [….] ces dispositifs, basés sur l’expertise scientifique à priori, semble connaître des limites, avec l’apparition différée parfois sur le long terme d’effets néfastes non prévus ou sous-estimés par les experts : ESB, aspartame, additifs, médicaments  (Chevassus au Louis, 2001). Cette montée en charge du politique s’inscrit dans un contexte de crise de la science. L’affaire du sang contaminé, la crise de la vache folle, le développement des OGM, posent la question des relations entre la recherche, l’expertise et la décision politique faisant émerger la figure du consommateur citoyen qui a un avis non pas d’expert mais de mangeur plus ou moins éclairé, impliqué et engagé sur ces questions »