Dossiers

Culture représentation et modernité

Modernité alimentaire et diversité en Asie : Webinaire OCHA

Publié le 17/02/2021

(english version below)

Le Webinaire Modernité alimentaire et diversité en Asie va donner la parole aux chercheurs clefs de deux grands programmes de recherche menés en Asie et impulsés par la Taylor’s University (Kuala Lumpur – Malaisie) : le « Asian Food Barometer » et « Eating Out in Asia ».

Ces programmes sont pilotés par la chaire « Food Studies: Food Cultures and Health », dirigée par Jean-Pierre Poulain. Créée conjointement par l’université de Toulouse (CERTOP-CNRS et ISTHIA) et la Taylor’s University, elle développe, en collaboration avec des chercheurs des pays concernés, des travaux sur les modernités alimentaires en Asie. Partie de la Malaisie, l’exploration s’étend à d’autres pays au fur et à mesure des années (Indonésie, Chine, Singapour, Hong Kong, Japon…).

La modernité alimentaire est étudiée à travers la transformation des formes de pratiques alimentaires, l’évolution des frontières entre l’alimentation au foyer et hors foyer, l’émergence de nouvelles attentes des mangeurs ainsi que l’entrée en scène des nouveaux acteurs du système alimentaire. Ces transformations sont la conséquence de plusieurs phénomènes convergents comme le changement dans la taille des ménages qui découle de la transition démographique, de l’urbanisation et de l’augmentation du pouvoir d’achat… Elles sont concomitantes de l’émergence d’une classe moyenne, de l’augmentation de l’espérance de vie… ainsi que de la montée en charge d’inquiétudes liées à la santé avec l’augmentation du surpoids ou de l’obésité ou encore à l’impact environnemental des choix alimentaires.

La Malaisie est une société multi-ethniques et les sociétés du sud-est asiatique comptent des pratiques, des religions différentes et diverses diasporas (notamment indiennes et chinoises). Ces contextes se caractérisent donc par une grande diversité de religions, de croyances, de diététiques « profanes » qui pèsent sur l’alimentation par des prescriptions, des valorisations, des tabous. Ils permettent ainsi d’analyser les changements sous l’influence à la fois de facteurs socio-économiques et ethnoculturels.

Les résultats de ces recherches sur l’alimentation viennent nourrir la discussion sur la « modernité compressée », (c’est à dire très rapide), à laquelle les pays d’Asie font face depuis les dernières décennies. La modernité compressée rend compte du fait que ce que l’Europe ou les Etats-Unis ont vécu en un siècle et demi (urbanisation, développement économique, montée d’une classe moyenne, transformation des structures familiales…) s’est déroulée dans certains pays en moins de deux générations.

L’analyse de ces mutations ouvre des dialogues avec les mondes de :

  • L’économie sur la réorganisation des marchés et des systèmes alimentaires.
  • La santé publique et la compréhension des causes de la montée des maladies non transmissibles.
  • Les politiques publiques en matière d’alimentation.

L’Ocha est partenaire depuis 2012 des programmes de recherches ainsi menés à la Taylor’s University de Kuala Lumpur.

Ces travaux s’inscrivent dans un deux des axes forts de l’Ocha : la modernité alimentaire et l’évolution des modèles.

English version :

The Webinar on Food Modernity and Diversity in Asia will give the floor to key researchers from two major research programmes conducted in Asia and promoted by Taylor’s University (Kuala Lumpur – Malaysia): the « Asian Food Barometer » and « Eating Out in Asia ».

These programmes are led by the Chair of “Food Studies: Food Cultures and Health », headed by Prof. Jean-Pierre Poulain. Created jointly by the University of Toulouse (CERTOP-CNRS and ISTHIA) and Taylor’s University, develops, in collaboration with researchers from the countries concerned, works on « food modernity in Asia ». Starting in Malaysia, the exploration has spread to other countries over the years (Indonesia, China, Singapore, Hong Kong, Japan…).

Food modernity is studied through the transformation of food practices, the changing boundaries between home and away-from-home food, the emergence of new expectations of eaters and the entry of new actors in the food system. These transformations are the consequence of several converging phenomena such as the change in household size resulting from the demographic transition, urbanisation… They are concomitant with the emergence of a middle class, the increase in life expectancy… as well as the rise in health concerns with the increase in overweight or obesity or the environmental impact of food choices.

Malaysia is a multi-ethnic society and the societies of South-East Asia include the practices of different religions and various diasporas (notably Indian and Chinese). These contexts are therefore characterised by a great diversity of religions, beliefs and « secular » dietetics which influence food through prescriptions, values and taboos. They thus make it possible to analyse changes under the influence of both socio-economic and ethno-cultural factors.

The results of this research on food feed into the discussion on the « compressed modernity » (i.e. very rapid) that Asian countries have been facing for the last few decades. Compressed modernity reflects the fact that what Europe or the United States have experienced in a century and a half (urbanisation, economic development, rise of a middle class, transformation of family structures…) has taken place in some countries in less than two generations.

The analysis of these changes opens dialogues with the worlds of :

  • Economy on the reorganisation of markets and food systems.
  • Public health and the understanding of the causes of the rise in non-communicable diseases.
  • Public policies on food.

Since 2012, Ocha has been a partner in these research programmes at Taylor’s University in Kuala Lumpur.

This work is in line with two of Ocha’s main areas of focus: modern food and the evolution of models.

Intervenants/Speakers :

Anindita Dasgupta is Associate Professor of Social History and Head of School, School of Liberal Arts and Sciences at Taylor’s University, Malaysia. She has pioneered studies on oral histories of vulnerable populations in South and Southeast Asia. Her research aims to resurrect the ‘voices’ of the subalterns in situations of rapid urbanization and identity contestations, in particular women, among others. She is the Book Review Editor of Millennial Asian, an International journal of Asian Studies, and is the author of two books and about thirty publications in the social sciences.

Anindita Dasgupta est professeure associée d’histoire sociale et directrice de l’école des arts et sciences libéraux de l’université de Taylor, en Malaisie. Elle a été la première à mener des études sur les histoires orales des populations vulnérables en Asie du Sud et du Sud-Est. Ses recherches visent à faire résonner les « voix » des subalternes dans des situations d’urbanisation rapide et de contestations identitaires, en particulier les femmes, entre autres. Elle est la rédactrice en chef de Millennial Asia, une revue internationale d’études asiatiques, et est l’auteur de deux livres et d’une trentaine de publications en sciences sociales.

 

Dr. Haruka Ueda is postdoctoral research fellow at College of Gastronomy Management, Ritsumeikan University in Japan.
His research revolves around food education, food consumption and gastronomy. His current interest is to develop ethical theory for food education and cultural approach for ‘eating-well’ in the Japanese culture. His main publication is ‘A Theory and Pedagogy of Food Education’ (2021, Showado Publisher).

 

Helda Khusun current research work includes obesity and nutrition transition, including obesity epidemiology, factors affecting obesity and food choice. She has vast experience in conducting nutrition survey and managing analysis of survey data, including data from large scale national survey. She is currently leading the team to conduct the Indonesian Food Barometer study. Aside from scientific publications, she also co-authored several teaching modules for use at university degree program.

Helda Khusun est une chercheur qui travaille sur les problématiques de transition nutritionnelle y comprise en traitant des données épidémiologiques sur l’obésité, sur les choix alimentaires et l’aspect multi-factoriel de l’obésité. Elle a une grande expérience dans le suivi de cohortes et dans l’analyse des données y compris à de larges échelles nationales. Elle coordonne l’équipe qui conduit la partie Indonésienne du Baromètre sur les pratiques alimentaires. Elle enseigne à l’université.

 

Judhiastuty Februhartanty PhD work was on father’s roles in breastfeeding practices. She marks her expertise in using a mixed-method approach. Her topic of interest includes food practices and behaviors among infant, young and school children, as well as adults. Aside from scientific publications on breastfeeding, feeding practices, nutritional behavior, she also co-authored several teaching modules for use at university degree program as well as schools.

Judhiastuty Februhartanty: Son travail de doctorat a porté sur le rôle des pères dans les pratiques d’allaitement. Elle travaille avec une approche trans-disciplinaire au niveau méthodologique. Es sujets de recherche portent tant sur le nourrisson que les jeunes enfants et les adultes. Elle a publié des travaux scientifiques sur l’allaitement, les pratiques de nourissage, les comportements alimentaires et nutritionnels. Elle participe également à des modules d’enseignement.

 

Elise Mognard est sociologue, enseignante-chercheuse et directrice des programmes de troisième cycle en « Food Studies », School of Food Studies and Gastronomy, Taylor’s University, Malaisie. Ses recherches actuelles portent sur la mise en patrimoine de l’alimentation et sa promotion touristique ainsi que sur les facteurs sociaux de transformation de l’alimentation et des habitudes alimentaires. Elle est l’un des membres du projet de recherche international du CNRS (CNRS-IRP) « Food Cultures and Health » et l’une des chercheuses du baromètre alimentaire asiatique (Asian Food Barometer) qui vise à décrire et à comprendre la modernisation des dimensions socioculturelles des habitudes alimentaires.