Compte-rendus

« Man and Meat », compte rendu de lecture du livre dirigé par Annie Hubert et Ricardo Avila

« Man and meat », numéro 19 de Estudios del Hombre, éditions de l’Universidad de Guatalajara. Compte rendu par Isabelle Téchoueyres.

Du Groenland avec les plus gros mangeurs de viande de la planète (près de 1 kg/jour) à la fabrication du mythe d’un régime alimentaire idéal (méditerranéen) pauvre en viande, au mépris de la réalité des cultures, c’est presque un tour du monde qui nous est proposé.

Débats sur l’anthropophagie, influencés par les récits extravagants des premiers explorateurs et les propos moralisateurs des missionnaires qui animèrent à partir de 1860 la toute nouvelle Société Anthropologique de Paris; comparaison entre peuples africains (sédentaires et agriculteurs/chasseurs-cueilleurs carnivores); expression très différente du goût pour la viande au Mexique dans la sphère publique et la sphère privée; succès de la production biologique de porc auprès des consommateurs danois; nostalgie de la disparition du répertoire alimentaire du lézard fardacho en Aragon en application des lois européennes de protection de la faune; coexistence de la modernité et de la loi coutumière à travers la chasse au kangourou chez les aborigènes Anangu du grand désert australien … ce n’est là qu’un aperçu du sommaire de cet ouvrage passionnant.

Objet de désir et d’interdits, toujours d’une grande valeur symbolique, y compris souvent pour les populations qui en consomment peu, il ressort de ces textes que la viande est au cœur des cultures. Le mot « viande, du latin vivanda, « qui sert à vivre », a d’ailleurs longtemps désigné toute nourriture, ne se substituant au mot « chair » qu’à l’époque moderne.

Cet ouvrage sous la direction de Annie Hubert et Ricardo Avila, exclusivement en langue anglaise, est disponible à l’Ocha.
Découvrir le livre (couverture, sommaire et 4ème de couv) dans le Catalogue de l’Ocha

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