Texte

« Le repas de tangue. Partager la mémoire de l’esclavage à La Réunion »

A travers le repas de tangue, ou cari cafre en langue créole, Laurence Tibère analyse la dimension symbolique de l’acte alimentaire dans le contexte réunionnais, et plus précisément le statut de ce plat dans le partage, l’acceptation collective et la réhabilitation de l’héritage lié à l’esclavage.

Alors que la consommation de cet animal intermédiaire entre le hérisson et le cochon sauvage était restée longtemps confidentielle, voire cachée, la tendance s’est inversée depuis quelques années en relation avec les mouvements initiés autour de la « kafritude », en écho à la « négritude » de Senghor et Césaire, pour raviver la fierté des noirs réunionnais et exprimer la part de l’Afrique dans la culture de l’île.

Lié à la figure mythique du Noir marron, à la fusion symbolique que le chasseur entretient avec sa proie, le tangue est un aliment identitaire qui devient un patrimoine partagé et les repas de tangue, qui peuvent réunir jusqu’à 2000 personnes, constituent un évènement au cours duquel chacun, qu’il soit noir, blanc ou métis, chinois ou malbar, prend sa part de cet héritage douloureux, longtemps honteux, constitutif de la société réunionnaise.

Lire le texte de Laurence Tibère, Docteur en sociologie 00-privat2_sommaire.pdf