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LeCHE, un grand projet de recherche européen sur le début de l’élevage laitier et la consommation de lait au Néolithique en Europe et au Proche-Orient

  • Date : le 27 Avr 2009
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Comprendre l’histoire, en Europe et au Proche-Orient, de la naissance de l’élevage laitier au Néolithique, des débuts de la consommation du lait et de la capacité des hommes à digérer le lait à l’âge adulte, tels sont les objectifs du projet de recherche LeCHE (Lactase persistence and the Cultural History of Europe).

Depuis janvier 2009, dans le cadre d’un projet Marie Curie de recherche et de formation de jeunes chercheurs, financé à hauteur de 3,3 millions d’Euros par la Commission Européenne, 15 équipes de recherches, issues de 7 pays européens, réunissent leurs compétences en archéologie, chimie organique et génétique. A l’issue d’un appel d’offre international, ces équipes viennent de recruter 13 doctorants qu’elles formeront sur ce sujet durant les trois années à venir. Ils se sont réunis pour la première fois en janvier 2009 à Uppsala en Suède. Le partenaire français de ce projet est le laboratoire « Archéozoologie-Archéobotanique » du Muséum national d’histoire naturelle et du CNRS, dirigé par Jean-Denis Vigne.

Dans l’état actuel des connaissances, après le loup qui fut le premier animal domestiqué par l’homme entre 16 000 et 10 000 ans avant J.C., les espèces les plus anciennement domestiquées, à partir de 9 200 environ avant J.C. au Proche-Orient, sont le porc, la chèvre, le mouton et le bœuf. La néolithisation de l’Europe résulte du transfert lent, d’Est en Ouest du « package » néolithique : poterie, agriculture, élevage.

La capacité des hommes à bien digérer le lait dépend d’une enzyme, la lactase, qui permet de digérer le lactose. Le lactose est le sucre du lait (de tous les laits, y compris le lait de femme). Tous les bébés, sauf exceptions rares, disposent de la lactase, l’enzyme qui permet de digérer le sucre du lait.

En revanche, la persistance de la lactase à l’âge adulte varie selon les pays et on sait qu’elle dépend d’un gène bien identifié. En Europe, elle est proche de 100% dans les îles britanniques, mais inférieure à 50% dans les régions méditerranéennes. On parle alors d’ « intolérance au lactose » (à ne pas confondre avec l’allergie aux protéines).

Cependant, pour le Professeur Philippe Marteau (Hôpital Lariboisière, Paris), il serait plus juste de parler de maldigestion ou de « digestion incomplète » du lactose. En effet, la plupart des adultes « lactase non persistants » tolèrent parfaitement jusqu’à 7 g de lactose par jour, ce qui correspond environ à 150 g de lait. Et tous peuvent consommer des fromages (où il ne reste du lactose que des traces) et des yaourts et laits fermentés où le lactose a été pré-digéré par les bactéries lactiques.

Enfin, les études réalisées en double aveugle ont montré que les avis subjectifs des personnes sur leur éventuelle intolérance au lactose sont faux dans plus de la moitié des cas.

En France, la présence du phénotype « lactase non persistante » est de 20% dans le Nord et de 50% dans le Sud. Est-ce pour cette raison que la France a donné naissance à tant de fromages ? C’est certainement une des explications en termes de production et de consommation. En effet, comparés à d’autres pays européens, les Français sont moins des buveurs de lait (67 kg/an/personne) que des mangeurs de fromages (23 kg/an/personne).

Ainsi la consommation annuelle de lait est de 115 kg pour les Britanniques, 132 kg pour les Suédois, 157 kg pour les Finlandais alors que la consommation de fromage n’est que de 10 kg au Royaume-Uni et d’un peu plus de 17 kg en Suède et en Finlande.

Pour en savoir plus, lire sur notre site le dossier d’information sur LeCHE