


| En Occident et dans certains pays émergents, une part importante et semble-t-il croissante de la population adopte et revendique une « alimentation particulière ». Les uns sont contraints à la surveillance de leur alimentation par des pathologies graves (allergies alimentaires, intolérance au gluten) dont la fréquence croissante est mal expliquée. Les autres sont gênés par des intolérances diverses, souvent auto-diagnostiquées, ou ont adopté un régime de santé spécifique (groupes sanguins, “living foods”, instinctivorisme ou crudivorisme, macrobiotique, etc.). |
Où commence l’Autre en matière d’alimentation et de goût ? Il peut être proche ou lointain, familier ou étranger, attirant ou dérangeant. Point n’est besoin d’être très dépaysé pour ressentir l’altérité car, pour certains, est exotique tout ce qui n’est pas soi ! Ce qui n’empêche pas certains plats de franchir les limites étatiques pour devenir universels : pizza, tortilla, yaourt, sushi... A l’heure de la mondialisation, il est intéressant de voir comment se conjuguent métissages et frontières culturelles, sentiment d’altérité et construction des identités. Va-t-on passer des traditions à l’universalisation du goût ? Cette interrogation aujourd’hui très répandue, et qui traduit fréquemment une crainte, est-elle la bonne ?
En France, la relation des adolescents à leur alimentation réserve bien des surprises à qui veut bien faire l’effort de ne pas s’en tenir aux idées reçue. Alicia Malacrida, sociologue, présente une enquête de terrain menée dans la région Midi-Pyrénées auprès de 570 lycéens de 20 établissements scolaires dont les cantines proposent depuis 2009 un repas hebdomadaire à base de produits régionaux de qualité. Les résultats montrent que ces jeunes sont sensibles à la notion de qualité et qu’ils connaissent les principaux attributs des signes officiels de qualité. Pour eux, un produit de qualité est un produit frais qui a du goût et le terroir est synonyme de qualité, de naturel et de local. La perception de la qualité est supérieure dans les lycées où la cantine a une cuisine interne et l’intervention d’éleveurs et de producteurs au sein des cantines semble y contribuer.
Amy Trubek, chef cuisinier et anthropologue de l’alimentation, fascinée par la France, a consacré sa thèse de doctorat et son premier livre à la façon dont les Français ont « inventé » la haute cuisine et les métiers de la gastronomie. Dans The Taste of Place, A Cultural Journey into Terroir, elle s’exprime en tant qu’expert mais aussi en tant que militante, appelant de ses vœux l’institutionnalisation d’un goût du terroir aux Etats-Unis, visant à valoriser les produits locaux, la protection de l’environnement, le lien social et l’éducation des consommateurs.
Si vous ne souhaitez plus recevoir la newsletter Ocha, cliquez ici pour vous désinscrire
Pour nous contacter ou inscrire un ami, cliquez ici
Avec l'Ocha (Observatoire Cniel des Habitudes Alimentaires), explorez l'alimentation, les cultures et les comportements alimentaires en relation avec les identités, la santé et les modes de vie.
Rendez-vous dès à présent sur www.lemangeur-ocha.com!