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5 vidéos pour mieux comprendre les résultats de LeCHE

  • Date : le 09 Avr 2014
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Le 30 janvier 2014 s’est tenue une conférence de presse de présentation des résultats de LeCHE (Lactase Persistence in the early Cultural History of Europe), programme de recherche européen, CNRS et MNHN, en présence des chercheurs français du projet. LeCHE visait à explorer l’origine et l’impact de l’économie laitière en Europe en interrogeant l’histoire ancienne et en mobilisant plusieurs disciplines : archéozoologie, archéologie, génétique animale et humaine.

1 – Introduction de Jean-Denis Vigne

Jean-Denis Vigne, archéozoologue, directeur de recherche au CNRS, et coordinateur de LeCHE pour la France, introduit la présentation des résultats du programme LeCHE en revenant sur un concept fondamental, celui d‘incorporation. Quand nous mangeons nous nous approprions, nous incorporons les aliments qui deviennent un « bout de nous-mêmes » ; parfois nous nous identifions inconsciemment à l’aliment ingéré et cela rend l’acte de manger extrêmement riche y compris sur le plan de l’imaginaire. Il recadre les objectifs de LeCHE et précise sa posture de scientifique.

2 – Une vision du système d’élevage néolithique

Marie Balasse, archéozoologue et docteur en sciences de la terre, développe des recherches sur les pratiques d’élevage au néolithique par la mise en œuvre de la biogéochimie isotopique sur les restes archéozoologiques. Lors de la conférence LeCHE elle nous donne une vision du système d’élevage néolithique dans sa globalité.

Elle reprend l’expression de François Popelin « l’entrée en familiarité » pour nous décrire ce savoir-faire de l’éleveur dès le néolithique qu’est la mise en place d’un geste de la traite des vaches que la vache accepte malgré la présence de l’homme entre elle et son petit. Elle nous donne aussi des informations méthodologiques sur les analyses des restes osseux.

3 – Méthodes d’analyse

Mélanie Roffet-Salque, chimiste à l’Université de Bristol (Royaume-Uni) à l’unité de géochimie organique détaille les méthodologies d’analyse des poteries qui ont conduit à découvrir la preuve la plus ancienne de fabrication de fromage il y a 7000 ans.

Elle décrit les méthodes d’analyse des résidus lipidiques qui permet de distinguer type de graisse (lait ou viande), son origine (animaux concernés) et l’utilisation qui en a été faite.

4 – L’évolution de la persistance de la lactase en Europe

Pascale Gerbeault, généticienne des populations actuellement à l’UCL (University College London) de Londres (Royaume-Uni) a participé au projet LeCHE en modifiant un modèle de simulation informatique de l’évolution de la persistance de la lactase en Europe. Elle nous explique ici l’existence de plusieurs mutations génétiques associées à la persistance de la lactase.

Pour expliquer ces mutations, on a recours à une hypothèse de sélection naturelle associé à une dynamique de population, une explosion démographique. Ainsi, au Néolithique, les adultes qui ont pu digérer le lait ont dû avoir un avantage adaptatif.

5 – La conclusion par Jean-Denis Vigne

Jean-Denis Vigne revient en conclusions sur les grand apports de LeCHE et notamment sur la place désormais indiscutable de l’exploitation laitière au tout début du néolithique en Europe, avec des différences régionales. Et notamment cette très belle découverte de l’existence du formage et donc de la maitrise de procédés de fermentation comme bagage des premiers Néolithiques d’Europe.

Pour aller plus loin : retrouvez notre point sur les résultats du projet de recherche européen LeCHE

– On vous recommande également cet article passionnant paru dans Le journal du CNRS n° 246-247 juillet-août 2010 sur les méthodes utilisées dans les laboratoires d’archéozoologie, notamment : « La nature archive les secrets des hommes », pages 6 et 7.